Depuis la création de la ligue de New York en 1984 par Frank Calderon et Frank Sanchez, deux passionnés qui ne souhaitaient pas voir disparaître le jeu qui avait façonné leur enfance, le stickball est certes devenu une discipline tournée vers la compétition, mais il a su demeuré un jeu qui unit les générations. Ainsi, pères et fils le plus se retrouvent chaque dimanche pour jouer ensemble. La plupart des équipes sont intergénérationnelles, et il n’est pas rare de trouver dans une même équipe plusieurs membres d’une même famille. C’est une des raisons pour lesquelles le milieu du Stickball est un milieu très soudé et homogène, souvent comparé à une famille. Plus qu’un sport, le jeu devient un outil d’éducation, puis une tradition que chacun s’attache à transmettre à la génération suivante.

Steve et son fils Skylar, au New York Stickball Classic de 2001.Il eut un homme pour qui le stickball eut de formidables répercussions dans sa propre vie de fils puis de père. Il choisit d’en faire un poème. Formidable joueur, Steve Mercado était le président de la NYESL lorsqu’il écrivit ces lignes. Sous son impulsion, la league se développe et s’ouvre aux plus jeunes. Stickball 4 Kids voit ainsi le jour. Steve espère ainsi répandre le jeu en dehors du Bronx, jusque dans les écoles puis vers le pays tout entier. Son ambition? Faire du Stickball une discipline olympique. L’idée semble folle, mais l’homme est bourré de charisme et de générosité. Tout le monde le suit.

Steve était également un pompier passionné et courageux. Le 11 septembre 2001, il entre dans la tour sud du World Trade Center avec 10 autres de ses camarades pour secourir les premières victimes des attentats qui viennent tout juste de frapper Manhattan où il était basé. Il n’en sortit jamais.

Voici une version traduite de son poème, repris comme un hymne depuis par toute la communauté du Stickball des États-Unis, et aujourd’hui, de France.

Notre Jeu

Je riais quand il parlait de parties jouées sur le goudron,

Car j’étais un garçon trop gâté qui ne jouait qu’en crampons.

Je jouais avec d’autres enfants dont j’ai oublié le nom,

Tandis qu’il retrouve encore ses amis chaque printemps jusqu’à la morte saison.

Il grandit dans le Bronx dans un milieu très défavorisé,

Mais en tant que père, il se jura que jamais rien il ne nous manquerait.

Quand j’étais petit garçon, je voyais dans ses yeux s’allumer

L’étincelle lorsqu’il nous racontait ses histoires du passé.

Il parlait du stickball comme d’un véritable amour.

Jamais jusque là je n’avais pris part à sa passion de toujours.

Un dimanche matin, je décidais d’aller voir enfin pourquoi

Il parlait de ce jeu avec autant d’ardeur et de joie.

Mon seul regret est de ne pas l’avoir rejoint bien avant,

Car notre relation depuis a dépassé celle de simples parents.

Il n’est plus seulement mon père, mais mon meilleur ami aujourd’hui,

Et c’est au stickball que je dois ce formidable récit.

J’ai juré tout comme lui que mes enfants auront bien plus que moi,

Car je leur enseignerai comment viser les étoiles.

Je souhaite chaque jour que mes garçons se portent bien,

Et qu’ils soient aussi heureux avec leur père que je le suis avec le mien.

Stickball, voilà le jeu que chaque semaine nous allons jouer,

Pour courir, frapper et rire, savourer notre journée.

Nos familles, nos amis, que nous aimons du même feu,

Espèrent bien te voir dimanche pour jouer à notre jeu.

 

Texte original de Steve Mercado (2001), traduction et adaptation Laurent Carpentier (2015).

Par Amour du Jeu
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